Comment accompagner et favoriser le développement de la médecine nucléaire thérapeutique en France ? Jeudi 2 juillet, médecins nucléaires hospitaliers et libéraux, institutionnels, radiopharmaciens, physiciens médicaux, manipulateurs et cadres ont débattu de cette question dans les locaux du ministère de la Santé, à Paris, à l’appel du collectif « Pour un accès équitable à la médecine nucléaire théranostique ».
Les MERM au carrefour de la prise en charge
Parmi les intervenants de ces « Assises de la médecine nucléaire », Séverine Moynat, présidente du Conseil national professionnel des manipulateurs d’électroradiologie médicale (CNPMEM), a mis en avant le rôle de ces derniers dans le parcours de soins en radiothérapie interne vectorisée (RIV). Impliqués du diagnostic au suivi des patients, en passant par la préparation des médicaments, les MERM sont « les couteaux suisses » de la prise en charge, a-t-elle résumé. « Ils travaillent sur prescription médicale et sous l’autorité technique du radiopharmacien et du physicien, ce qui leur confère une bonne connaissance de l’écosystème de la RIV », souligne-t-elle.
Nouvelles missions…
Les besoins croissants dans ce domaine ouvrent également la voie au développement de nouvelles missions. « Les manips pourraient optimiser le travail des médecins nucléaires, notamment en intervenant sur l’information des patients, la planification, la coordination, la vérification des résultats biologiques et d’imagerie, peut-être la priorisation de ces résultats », avance Séverine Moynat.
… et nouvelles délégations
Le MERM pourrait également faire le lien avec la radiopharmacie et l’hôpital de jour pour prévoir les cures, et servir de relais entre la ville et l’hôpital. Il est également, selon la présidente du CNPMEM, bien placé pour assurer l’éducation thérapeutique du patient, en particulier sur la gestion de ses déchets après son retour à domicile. Dans le cadre d’un protocole d’organisation et moyennant une formation complémentaire de type master 2, les MERM pourraient assurer une partie du suivi biologique et clinique des patients choisis par le médecin nucléaire référent, entrevoit enfin Séverine Moynat. « Ils pourraient renouveler certaines prescriptions, participer à la recherche médicale et paramédicale et assurer des enseignements spécifiques. Il y a beaucoup de choses à créer. »
Revoir la formation et le décret d’actes
Pour y parvenir, il faudra renforcer les effectifs de manips et réajuster leur référentiel de formation et leur décret d’actes. Sur le premier point, les choses avancent et les difficultés démographiques sont en voie de résolution, avec la création de 18 nouvelles structures de formation dans les cinq dernières années. Sur la question de la formation, le CNPMEM a obtenu en 2025 l’accord de principe de Yannick Neuder, le ministre de la Santé d’alors, et espère entamer le travail, notamment avec la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), informe Séverine Moynat. Le Conseil national professionnel pousse aussi à la création de diplômes de master 2 spécialisés, qui ouvriraient la voie à des pratiques avancées pour les manipulateurs.
« Nous devons expérimenter »
En attendant, « nous devons expérimenter de nouvelles organisations », appelle Séverine Moynat, ainsi que de nouveaux métiers qui répondent aux besoins de santé tout en assurant la soutenabilité financière. « Il n’est pas question de prendre le travail des autres, prévient-elle, mais de se mettre d’accord sur les tâches qui seront déléguées. » Dans cette optique, les expérimentations de types « article 51 » et les protocoles de coopération sont et seront des leviers de choix.

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