ECR 2024

Le jeu et la réalité virtuelle pour dédramatiser les examens en radiopédiatrie

Grâce au jeu et à la réalité virtuelle, les examens d'imagerie pédiatrique peuvent devenir moins redoutés par les enfants... et les professionnels. Au Congrès européen de radiologie, à Vienne en Autriche, des orateurs ont dispensé leurs conseils et présenté leurs outils pour optimiser la prise en charge des plus jeunes.

Le 18/03/24 à 7:00, mise à jour le 21/03/24 à 10:34 Lecture 4 min.

Comme le rappelait Jannie Larsen, manipulatrice radio à l’hôpital universitaire d’Aarhus (Danemark), le jeu et la participation des enfants sont des enjeux importants en radiologie. © Carla Ferrand

Le 28 février, une session de l’ECR 2024 faisait un focus sur les bienfaits du jeu en imagerie pédiatrique. Comme le rappelait Jannie Larsen, manipulatrice radio à l’hôpital universitaire d’Aarhus (Danemark), le jeu et la participation des enfants sont des enjeux importants en radiologie : « Lorsque nous excluons les enfants de la participation à la prise de décision concernant leur propre santé, ils peuvent se sentir désorientés, note l’intervenante. Ils peuvent ressentir une anxiété et une nervosité accrues, ce qui peut leur donner l’impression de ne pas être préparés à l’examen à venir. Grâce au jeu et à la participation, nous pouvons améliorer l’expérience patient, engager davantage l’enfant et par conséquent réaliser de meilleurs examens d’imagerie. »

Le jeu comme un outil

L’avantage du jeu est qu’il fait partie intégrante de la vie des enfants et s’intègre spontanément à ses activités : « Ils jouent dans de nombreuses situations sociales : à la maison, au jardin d’enfants ou à l’école, avec d’autres enfants du même âge, mais aussi avec des adultes. Nous pouvons utiliser cette approche ludique et utiliser le jeu comme un outil. Il doit toujours être agréable, mais pas nécessairement amusant. Nous ne sommes donc pas obligés de faire rire les enfants, ni de faire des blagues. »

Familiariser l’enfant avec l’univers de l’imagerie

Comme l’explique l’oratrice, l’idéal est de préparer les enfants en amont de l’examen, à la maison ou dans le service. « Ils peuvent utiliser des applications ou des sites web. L’enfant comprend ainsi le sens de sa participation et ce qui va se passer. La certitude de ce qui va se passer renforce la confiance et réduit l’anxiété. La situation devient normale pour l’enfant et devient donc inoffensive. Ce qui est très important, c’est que l’enfant reconnaisse cet univers dans la vie réelle lorsqu’il vient dans le service de radiologie. » Les services d’imagerie peuvent également avoir une salle de jeux spécialisée, avec des appareils en modèle réduit qui reproduisent l’apparence et les sons des vraies machines, conçus pour le jeu des enfants.

« Le dialogue et le jeu »

Jannie Larsen conseille d’abord d’établir de la confiance en montrant des émotions positives à l’égard de l’enfant. « Vous devez montrer, par votre langage corporel, que vous vous intéressez à cet enfant. Vous devez avoir un contact visuel avec l’enfant et vous mettre au même niveau, recommande-t-elle. Vous pouvez ensuite expliquer ce qui va se passer étape par étape, par le dialogue et le jeu. Vous pouvez par exemple utiliser une peluche. Ainsi vous ne parlez pas de l’enfant et de ce qu’il va vivre, mais vous parlez de ce jouet qui vit la même chose que l’enfant. »

Adapter la communication à chaque âge

En ce qui concerne la communication, elle devra évidemment être adaptée à l’âge de l’enfant. Un bébé réagira beaucoup aux visages, aux expressions et aux intonations. Les enfants de deux à cinq ans sont sensibles à ce qui se passe dans le présent et à la notion « ici et maintenant » : « Qu’est-ce que je vois en ce moment ? Qu’est-ce que j’entends ? Qu’est-ce que je ressens ? »

« Pour les adolescents, c’est un peu différent »

« Pour les enfants de six à dix ans, la préparation à l’examen est très importante ainsi que le feedback après l’examen. Ils se soucient de ce que vous pensez d’eux. Vous pouvez leur remettre un diplôme pour les féliciter après leur examen, conseille Jannie Larsen. Enfin, pour les adolescents, c’est un peu différent. Leur venue à l’hôpital n’est qu’un laps de temps dans leur quotidien. La majeure partie de leur vie se déroule en dehors de l’hôpital. Il est donc préférable que vous parliez avec eux de choses extérieures à l’hôpital plutôt que de l’examen. »

Stefan Liszio et son équipe ont conçu une application de réalité virtuelle baptisée "Pengunaut Trainer" qui prépare les enfants aux examens IRM par le jeu.C. F.

Une application de réalité virtuelle

À la suite de cette prise de parole, ce fut au tour de Stefan Liszio, spécialiste des technologies de divertissement pour les patients à l’hôpital universitaire d’Essen (Allemagne) de vanter les vertus du jeu pour les jeunes patients en radiologie. Cette fois, c’est la réalité virtuelle qui était mise en avant pour son aspect ludique. En effet, Stefan Liszio et son équipe ont conçu une application de réalité virtuelle baptisée « Pengunaut Trainer » qui prépare les enfants aux examens IRM par le jeu. « Nous voulions rendre les examens d’IRM plus confortables et agréables pour les patients, explique-t-il. Notre application a été créée pour réduire le recours à la sédation et à l’anesthésie, et pour garantir le bien-être des enfants pendant l’examen. »

Une IRM plus vraie que nature

Pengunaut Trainer est une application de réalité virtuelle gratuite, disponible sur smartphone et en français. « À l’aide de mini-jeux, les enfants explorent une salle d’examen et s’entraînent à rester immobiles dans une IRM virtuelle », indique l’intervenant. Le concept a été conçu pour réduire l’anxiété, promouvoir la relaxation et augmenter la coopération chez les enfants. « Le Pengunaut Trainer est un concept basé sur des preuves scientifiques, des considérations théoriques et un savoir-faire pratique, indique Stefan Liszio. La phase de conception et de développement a été suivie d’une évaluation approfondie sous la forme d’une étude clinique multicentrique avec des résultats positifs. »

Auteurs

Carla Ferrand

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