Formation continue

« Le DU d’ingénierie appliquée en IRM peut être un tremplin vers les pratiques avancées »

Sophie Pacaud, manipulatrice radio à l'hôpital Édouard-Herriot, à Lyon, et référente en IRM, a passé deux diplômes universitaires : « acquisition de compétences en recherche clinique » et « ingénierie appliquée en IRM ». Forte de cette double certification, elle milite pour la valorisation des compétences et de l'expertise des manips.

Le 22/11/23 à 7:00, mise à jour le 23/11/23 à 8:58 Lecture 3 min.

« Je peux aider mes collègues s'ils ont un problème de qualité d'image ou un problème dans la réalisation d’un protocole plus compliqué », explique Sophie Pacaud. D. R.

Tech Imago / Que vous a apporté le DU d’ingénierie appliquée en IRM en matière de nouvelles compétences ?

Sophie Pacaud / Le diplôme universitaire « ingénierie appliquée en IRM » est un diplôme très intéressant et exigeant. On revoit de manière approfondie toute la physique fondamentale, l’anatomie, la sémiologie. Il y a également un module conséquent sur la sécurité en IRM par rapport aux dispositifs médicaux implantables portés par des patients. Un autre avantage du DU est aussi la création d’un réseaux de manips radio. Nous étions seize au cours de la formation, donc, en restant en contact, nous partageons nos pratiques et nous pouvons ainsi former les autres manips sur la sécurité en IRM. Cela permettra donc de créer une homogénéité dans les pratiques et c’est vraiment une grande richesse.

T. I. / Comment mettez vous ces compétences en pratique au sein de votre service au quotidien ?

S. P. / J’ai un rôle de formatrice. Je peux aider mes collègues s’ils ont un problème de qualité d’image ou dans la réalisation d’un protocole plus compliqué. Le fait d’avoir ce DU m’a apporté une expertise plus importante. Cela étant, il faut voir ce que les hôpitaux peuvent nous offrir derrière car aujourd’hui, malgré mes compétences, je suis toujours manipulatrice radio. Je n’ai pas changé de poste car, pour l’instant, le métier de manipulateur en pratique avancée n’existe pas. Mais ce DU peut aussi être un tremplin vers les pratiques avancées. Nous avons des infirmières en pratiques avancées et ce serait bien qu’il en soit de même pour les manipulateurs.

T. I. / Vous aviez également obtenu l’année dernière un DU « acquisition de compétences en recherche clinique ». Que vous a apporté ce diplôme ?

S. P. / Ce DU apporte des compétences pour mener un protocole de recherche paramédical. L’objectif est de faire comprendre qu’il n’y a pas que des médecins qui peuvent faire de la recherche, les paramédicaux peuvent le faire aussi. J’ai rédigé un mémoire sur la mise en place d’un protocole d’élasto-IRM dans notre service et j’ai rédigé le protocole.

T. I. / Quel est votre rôle en tant que manips dans la mise en place de protocoles de recherche ?

S. P. / En imagerie, beaucoup de protocoles se développent. En tant que manips, nous sommes un peu le lien avec le promoteur de la recherche. Les attachés de recherche clinique nous proposent les protocoles et nous étudions leur faisabilité. Par exemple, on nous demande parfois de mettre en place des protocoles avec des examens que notre IRM ne peut réaliser. Quand la faisabilité est établie,, je programme le protocole dans la machine. Nous recueillons ensuite les retours du promoteur pour savoir si c’est ce qui était attendu puis nous procédons à la formation des équipes et veillons à ce qu’il n’y ait jamais de changement sur ces protocoles qu’il faut vraiment l’appliquer à la lettre.

T. I. / Avez-vous également rédigé un mémoire pour le DU d’ingénierie appliquée en IRM ? Quel était son sujet ?

S. P. / Pour le DU d’ingénierie appliqué en IRM, le sujet du mémoire doit porter sur un projet tel que l’amélioration d’une séquence ou la mise en place d’une séquence dans le service. En ce qui me concerne, j’ai réalisé un projet innovant sur l’IRM multinoyaux qui expliquait qu’on pouvait faire de l’IRM avec autre chose que le proton. Nous aurons cette IRM dans quelques temps dans notre service. C’était donc une manière de comprendre comment cela allait fonctionner et de prendre un peu d’avance avant que l’IRM n’arrive.

T. I. / Selon vous, ces nouvelles formations permettent-elles de renforcer l’attractivité de la profession ?

S. P. / C’est ce que j’essaye de faire en tant qu’ambassadrice, une fonction que nous avons créée dans notre hôpital. Nous allons dans les écoles, nous mettons en place des missions pour faire la publicité de ce métier et expliquer ce qu’on peut faire à l’hôpital. À chaque fois, j’ai à cœur d’expliquer aux étudiants et aux jeunes que j’ai obtenu mes deux DU et cela permet de leur montrer toutes les perspectives de formations possibles et peut donner un élan à ce beau métier de manip radio.

Auteurs

Solenn Duplessy

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