UNIMANIP organisera un mouvement national si les pouvoirs publics ne généralisent pas l’octroi de la prime Buzyn à l’ensemble des manipulateurs d’électroradiologie médicale (MERM), avertit le syndicat professionnel des manipulateurs radio dans un communiqué. Pour Antoine Potey, secrétaire de l’organisation, la situation actuelle correspond à « une cacophonie totale, due au manque de reconnaissance de la profession ».
Une indemnité forfaitaire de risque
La prime Buzyn est une indemnité forfaitaire de risque étendue depuis 2019 aux agents réalisant au moins la moitié de leur temps de travail dans les services de soins de l’établissement d’hospitalisation public national de Fresnes, dans les services médico-psychologiques régionaux, dans les unités pour malades difficiles et dans les structures de médecine d’urgence.
Des attributions floues et restrictives
C’est dans les structures d’urgence que les tensions se cristallisent. Si certains hôpitaux choisissent d’octroyer la prime Buzyn à 100 % à tous les manipulateurs radios, sans besoin de justification, d’autres ne la versent tout simplement pas. D’autres encore déterminent son montant au prorata du temps de travail aux urgences. Une clause « déconnectée du terrain » selon UNIMANIP, et qui générerait son lot de tensions, d’incohérences et de désaccords. « Chaque direction peut avoir son interprétation du texte. Nous avons été interpellés sur le fait que dans certains établissements, des manipulateurs qui prennent en charge des patients en provenance des urgences et des SMUR ne touchent pas la prime parce que les appareils ne se trouvent pas géographiquement dans les services », dénonce le communiqué.
La prime Veil comme symbole du statut de soignant
Le syndicat interpelle également le gouvernement au sujet de la prime Veil, initialement instaurée en 1988 par Simone Veil pour valoriser les infirmiers et sages femmes, puis étendue à d’autres professionnels du secteur. Déjà revendiqué par la profession pendant les mouvements de grève de 2019 et 2022, son versement a été recommandé pour les manipulateurs en 2021 dans un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), considérant les fonctions de soignants assurés par les MERM. Selon Antoine Potey, cette doléance relève d’ailleurs moins d’un intérêt financier que d’une manière symbolique de reconnaître le statut de soignant des manipulateurs : « Il nous semble aujourd’hui légitime d’être reconnus en tant que soignants, au-delà du médico-technique. Nous avons de plus en plus de responsabilité, dans la prise de décision et dans les gestes à effectuer par rapport au patient. Cela permettrait aussi de garantir une égalité entre tous les manipulateurs radio », estime-t-il.
« On coche toutes les cases, mais on n’en remplit aucune »
Pour le syndicat, les MERM restent en marge du système de valorisation des soignants : « On est toujours cités dans le décret des primes, mais elles sont conditionnées à un pourcentage de temps de travail dans un même service. On ne prend pas en charge 50 % de nos patients en provenance d’un seul service », analyse Antoine Potey, qui résume ainsi la condition des manipulateurs : « On coche toutes les cases, mais on n’en remplit aucune. » Dans son communiqué envoyé à la ministre de la Santé ainsi qu’aux 577 députés de l’Assemblée nationale, le syndicat énonce des revendications claires : une attribution de la prime Buzyn a chaque manipulateur assurant la prise en charge des patients en provenance des SAU et des SMUR, l’attribution de la prime Veil pour tous les MERM et une reconnaissance du statut de soignant de la profession.

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